Cure interne

1-  Principe du cure interne

Les mécanismes de la cure interne qui sont détaillés ci-après sont basés sur un article de Henkensiefken [HEN 1, 2009]. Pour comprendre le fonctionnement de la cure interne, il convient de revenir sur le mécanisme du retrait chimique. Le retrait chimique a lieu quand des produits d’une réaction occupent  un volume plus petit que les réactifs [LEC, 1900; LHE, 1960]. 

Le retrait chimique décrit la réduction  du  volume qui  intervient pendant l’hydratation  à  cause  de  la  réaction  chimique. 

 Avant  la  prise,  ce  retrait  n’est  pas  un problème puisque le béton est toujours fluide et s’affaisse sur lui-même.

Cependant, après la prise, la nature rigide du béton ne permet plus le réarrangement des particules, ce qui a pour  conséquence la création de vides gazeux [COU, 2006]. Sans apport d’eau externe (externe à la pâte de ciment), le retrait chimique résulte en une diminution de l’humidité relative dans le réseau poreux et se traduit globalement par une autodessiccation de la pâte.

Comme lors du départ de l’eau vers le milieu ambiant, un processus de réorganisation de l’eau se produit alors, engendrant une contraction que l’on désigne cette fois par le terme « retrait endogène » et qui peut provoquer la fissuration de la pâte.


La cure interne consiste en un apport d’eau des granulats légers qui vient remplir les vides créés par le retrait chimique [BEN, 2006; LUR, 2007]. En laboratoire, il a été montré que la cure interne est assez efficace pour atténuer l’autodessiccation et le retrait endogène [JEN, 2001; LUR, 2006]. De plus récents travaux ont montré que la cure interne pouvait également réduire la fissuration liée aux retraits chimiques [HEN, 2008] et plastiques [HEN
2, 2009], ainsi que l’absorption d’eau [HEN 3, 2009].

2-Méthode de dosage

Le principal défi inhérent à la cure interne réside dans la sélection de la quantité adéquate de  granulats légers humidifiés à inclure dans le mélange. Plusieurs méthodes existent, du remplacement total des granulats ordinaires par des granulats légers d’une taille correspondante, au calcul précis de la quantité de granulats légers nécessaire pour remplir d’eau  les  espaces  créés  par  le  retrait  de  chimique.  D’après  de  nombreux  résultats  en laboratoire, la dernière méthode est la plus précise. En 1999, Bentz proposait une première formule pour évaluer la quantité d’eau nécessaire pour remplir les vides créés par le retrait chimique 




  • (kg/m3) est  la  masse  de  granulats  légers  (secs)  qui  doivent  être humidifiés ;
  • (kg/m3) est la teneur en ciment du mélange ;
  • (ml d’eau par g de ciment) est le retrait chimique du ciment ;
  • (0 à 1) est le degré d’hydratation attendu ;
  • (0 à 1) est le degré de saturation des granulats légers attendu ;
  • (kg d’eau / kg de granulats légers secs) est la capacité d’absorption des granulats légers.
Cependant, cette équation n’est encore qu’une approximation. En effet elle fournit trop d’eau pour des rapports E/L élevés, puisque pour de tels rapports la totalité du volume créé par le retrait chimique n’a pas besoin d’être remplie. En conséquence, les bénéfices de la cure interne peuvent être annulés par un excès de granulats légers [JEN, 2001]. De plus, il a été constaté que formule n’est plus assez précise dans le cas où des ajouts minéraux sont utilisés [BEN 1, 2005]. Enfin, les conditions environnementales doivent  également, dans certains cas être prises en compte, puisque le retrait sera plus important si le séchage survient alors que le béton est encore plastique .